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1-
ça
marche comment ?
Un petit rappel historique. La toxine a été
découverte dans de la charcuterie avariée au XIXe siècle en Allemagne,
elle était émise par une bactérie : les premiers cas de botulisme
furent décrits à ce moment là. Plus récemment, la toxine botulique a
été autorisée pour un usage médical en 1989 pour traiter des troubles
de la tonicité des muscles oculaires (strabisme et blépharospasme). En
2000, la toxine est approuvée pour l’utilisation dans la dystonie
cervicale (violentes contractions musculaires dans le cou). Autorisée
aux Etats-Unis par la FDA depuis 2001 pour usage à visée esthétique
dans certaines indications, elle l’est également en France depuis
février 2003.

La toxine Botulique de type A est une
protéine produite par une bactérie appelée Clostridium botulinium. En
utilisation médicale, cette toxine se présente sous la forme d’une
poudre lyophilisée, purifiée et stérile qui est réunie avec de l’eau
pour injection au moment de son utilisation. De minuscules doses sont
alors injectées dans les muscles concernés par le traitement. La
toxine empêche le largage d’une substance biochimique émise par les
terminaisons de nos cellules nerveuses, l’acétylcholine, qui donne aux
muscles le signal de se contracter. L’effet de la toxine est une
paralysie ou un affaiblissement du muscle injecté. Une fois que le
muscle est bien relâché, décontracté, la peau qui est juste au-dessus
de lui devient lisse également.

La traduction pour les zones traitées est que
les muscles ne se contractent plus, donc ils ne creusent plus de
lignes (entre leurs faisceaux) visibles à la surface de la peau que
sont les rides. La peau redevient et reste lisse. Le visage apparaît
plus naturel, plus reposé.
 Ces rides créées par les mimiques sont ce
qu’on appelle les
rides d’expression, elles sont dynamiques. Plus notre visage est
expressif et plus ces lignes ou rides se creusent. Comme avec l’âge
les structures du derme s’amenuisent, les sillons se marquent de plus
en plus pour devenir permanents. Les contractions musculaires (de plus
en plus inconscientes dans l’expression) aggravent le phénomène.
Certains individus sont parfois beaucoup plus «marqués » que d’autres
du même âge. Les injections de toxine sont un moyen de retrouver un
visage jeune, lisse et ouvert sans intervention chirurgicale.

Dans les études cliniques multicentriques, en
aveugle contre placebo, ayant inclus 405 patients présentant des rides
de la glabelle (rides du lion, entre les 2 yeux), moyennes ou sévères,
ayant reçu une injection de toxine à visée esthétique, les résultats
montrent que l’amélioration évaluée tant par le médecin que par le
patient étaient nets. Ainsi, après 30 jours, la majorité des médecins
et des patients déclaraient que ces rides étaient soit inexistantes
soit améliorées (82%). Dans le groupe contrôle (placebo), ces chiffres
étaient très bas.
Ces études ont d’autre part permis de
démontrer que la sévérité des rides glabellaires diminuait pendant 120
jours environ pour ceux qui avaient bénéficié de la toxine botulique.
La plupart des patients étaient des femmes de moins de 50 ans. Il est
recommandé de ne pas injecter la toxine plus d’une fois tous les 3
mois et ce, à la dose minimum efficace.

2- Quelles
sont les indications ?
Les plus fréquentes et les mieux étudiées :
a) Rides
du lion : rides entre les deux yeux, à la racine du nez,
b) Rides
du front : lignes horizontales + parallèles sur le front,
c) Rides
de la patte d’oie (à l’extérieur de l’œil, à la base de la tempe),
elles sont marquées lors du sourire.
d) Rides
du cou (platysma)

D’autres rides
sont parfois traitées par les praticiens mais il faut noter
l’augmentation des risques liés au traitement de zones non
répertoriées dans les études cliniques majeures (Bas du visage en
particulier).
Ceux qui utilisent la toxine botulique ont
noté que les rides entre les yeux (rides du lion), à l’extérieur de
l’œil (patte d’oie) et celles du front étaient nettement diminuées. La
correction apportée par la toxine est naturelle et la plupart des
patients indiquent qu’ils trouvent leur regard plus ample, leur visage
plus reposé et d’apparence moins agressive.
Des injections répétées (mais correctement
espacées) peuvent prolonger les résultats au-delà des 4 mois
habituels. La toxine peut aussi être associée à d’autres techniques de
comblement des rides comme le collagène ou l’acide hyaluronique.

3-
Quels sont les effets secondaires ?
Certains patients ont observé des effets
secondaires. Il y a des effets liés à l’opérateur, comme l’apparition
de petits bleus aux points d’injection.
Les effets les plus communs dans
l’utilisation de la toxine en médecine esthétique sont :
- maux de tête (13,3%)
- infection
respiratoire (3,5%)
- abaissement
temporaire de la paupière (3,2%)
- nausée
(3,0%)
- syndrome
grippal (2,0%)
- Plus
rarement (<3%) : rougeur locale au point d’injection, douleurs
localisées, faiblesse musculaire. Ces signes liés à l’injection
apparaissent dans la semaine qui suit l’injection.
Certains ont également observé un relèvement
des sourcils pour donner le regard «Méphisto », il est également
transitoire et peut se corriger facilement 5 à 6 jours après
l’injection initiale.

Les
recommandations clés :
- Ne
pas s’allonger dans les 4 heures qui suivent l’injection
- Ne
pas se coucher du/des côtés injectés (le mieux est de dormir sur le
dos)
-
Ne pas masser les zones injectées
Ces quelques recommandations évitent le
développement d’un mal de tête et, évitent au produit de migrer aux
environs du point d’injection et donc d’élargir involontairement la
zone traitée. Il pourrait y avoir des conséquences sur les paupières
comme un abaissement non désiré.

Précautions :
les patients atteints de troubles neuro-musculaires doivent en parler
au praticien avant de recevoir une injection de toxine. Les patients
atteints de maladies cardio-vasculaires doivent se faire évaluer avant
l’injection de toxine.

4-
ça coûte combien ?
Une ampoule de toxine coûte à votre praticien
entre 280 et 300 euros. Tout dépend du nombre d’unités injectées. Si
vous présentez de nombreuses rides et zones à traiter vous risquez
d’être dans le haut de la fourchette. En gros, une séance de toxine
botulique coûte entre 300 et 400 euros. Partez du principe que c’est
un investissement que vous répéterez 2 à 3 fois par an pour entretenir
les résultats.

5-
ça dure combien de
temps ?
Etant donné que notre corps développe des
moyens de contourner la paralysie provoquée par la toxine, les effets
de l’injection ne sont donc pas permanents. En moyenne, les effets
commencent à se dissiper au bout de 3 mois et peuvent persister dans
une certaine mesure jusqu’à 6 mois. Il y a des individus chez qui les
effets sont de plus courte durée. Chez ces patients là, un ajustement
de la dose à la seconde séance peut être envisagée.

6- Est-ce
que ça fait mal ?
Non. Il n’est pas nécessaire de faire une
anesthésie locale. Les injections se font avec de très fines et très
courtes aiguilles. La plupart des patients ne ressentent pas
l’injection, parfois certains ressentent le fluide pénétrer.

7- Y a-t-il
un danger ?
Demandez à votre médecin si la toxine est
faite pour vous. La toxine ne doit pas être utilisée chez la femme
enceinte, allaitante ou si vous prenez certains médicaments. Elle
n’est pas conseillée chez ceux qui présentent des troubles
neurologiques et/ou musculaires. L’effet de la toxine peut être
augmenté avec l’utilisation de certains antibiotiques ou des
médicaments qui interfèrent avec la transmission neuro-musculaire.

Donnée aux doses adéquates par un médecin
expérimenté, la toxine ne pose pas de danger immédiat. Le botulisme
est la conséquence d’une ingestion massive de toxine par
l’intermédiaire d ‘une nourriture contaminée, avariée. Des doses 100
fois supérieures à celles injectées en médecine esthétique pourraient
avoir des conséquences néfastes. Il est toutefois prudent de lire la
section
Avantages et inconvénients
de la toxine botulique.

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